Défense et illustration du théâtre — Le théâtre de la joie !
Vaste question que ce « Pourquoi le théâtre ? »

À partir de cette interrogation fondatrice, un texte se construit, non pour apporter des réponses définitives, mais pour mettre en mouvement un geste théâtral et une pensée, celle de La Compagnie Par les Villages.
Traversée par les grandes théories du théâtre et les voix de ceux qui les ont élaborées, cette forme-manifeste de vingt minutes explore ce qui fait la singularité de cet art : sa capacité à faire naître les émotions, les sensations et l’imaginaire, dans une relation étroite avec le public.
Ici, la réflexion passe par le jeu. Le personnage interprété par Mylène Lerat explore les théories, les détourne, les confronte au plateau et au public. Les registres se mêlent, le réel dialogue avec l’imaginaire, les frontières entre démonstration et représentation se brouillent.
Car le théâtre n’est jamais univoque. Il est multiple, contradictoire, vivant.
Plutôt qu’un plaidoyer, Pourquoi le théâtre ? propose une expérience : celle d’un théâtre qui, en se montrant lui-même, tente de répondre sur scène à la question qui lui donne naissance.
Et le théâtre est là : un même lieu, un même temps, une parole adressée, reçue, parfois déplacée… et des présences : celle qui joue, celles et ceux qui regardent.
À l’Agora de Sermérieu, cette question prend une dimension très concrète. Il ne s’agit pas de jouer dans un théâtre, mais de faire surgir le théâtre dans un espace quotidien, au milieu du village, au plus près du public. Il s’agit alors de faire disparaître, ou presque, la distance entre la scène et la salle pour que restent l’adresse, l’écoute et le jeu — et les textes de ces auteurs, complices du jeu.
Pourquoi le théâtre ? C’est aussi chercher du côté de cette joie particulière : celle de fabriquer ensemble un moment singulier, celle de faire circuler une parole et de créer, pour un temps, un espace commun entre celle qui joue et celles et ceux qui regardent.
Oui, c’est ça, Pourquoi le théâtre ?
